C'est la question fondamentale de toute notre existence. On peut y répondre à différents niveaux, et l'envisager à partir de différents points de vue : philosophique, éthique, spirituel ou comportemental. Nous sommes le résultat en partie de notre éducation et de notre expérience, en partie de nos espérances, de nos réussites et de nos échecs, et en partie de l'action d'une puissance supérieure ou force vitale. Nous savons que nous avons un corps, un esprit et une âme, et nous nous posons souvent cette question en nous référant à l'un de ces aspects de notre personnalité. Nous avons tendance à nous définir en fonction de notre apparence extérieure, de notre savoir et de nos connaissances, de nos sentiments et de nos actions. En général, nous avons du mal à faire la synthèse de ces parties en un tout cohérent.

Quand cette question est posée en thérapie, elle débusque toujours quelque souffrance. La réponse thérapeutique se doit de dépasser les apparences, c'est à dire le rôle que nous jouons, notre présentation physique, notre éducation, notre statut social, notre patrimoine, notre capacité à entrer en relation avec autrui, etc. Il faut descendre jusqu'à la raison sous-jacente qui a poussé le patient à poser cette question. A de rares exceptions près, moins on se sent en sécurité, et plus on a tendance à se demander qui l'on est. Le sentiment d'insécurité est au coeur de tous les troubles affectifs et il est fortement lié aux maladies physiques et aux angoisses spirituelles. L'insécurité pousse à douter de soi et ce doute rend l'individu incapable de s'appuyer sur ce qu'il est : il ne se connaît pas lui-même. Faute de se connaître et de se faire confiance, il est dans l'impossibilité de s'aimer. L'insécurité équivaut donc à un manque partiel ou total d'estime de soi ; a contrario, avoir de l'estime pour soi équivaut à s'aimer. Le plus souvent, on cherche à répondre à la question "qui suis-je ?" en se comparant aux autres. On étudie les différences, on critique, on juge, et on se demande ensuite pourquoi on se sent à ce point égaré. Paradoxalement, on parvient à se trouver quand on identifie les similitudes entre les autres et nous : c'est la définition de l'intégration sociale. Plus on prend conscience des points communs qui nous rapprochent des autres, plus nous consolidons notre sentiment d'appartenance au groupe. Plus nous donnons et recevons d'encouragement, plus nous nous sentons en sécurité.

Les antidotes aux problèmes qui nous poussent à poser cette première question sont l'estime de soi et l'intégration sociale. Comment développer ces deux qualités ? C'est ce que nous verrons plus tard.

Susanna Mc Mahon