murmures

 

Au-delà des remparts gris et mousseux de la ville, je m'engageai dans un petit chemin de terre qui serpentait à travers des bosquets et des prairies. L'odeur de l'herbe, des arbres en fleurs, me grisait. Une brise printanière jouait avec mes cheveux, il faisait délicieusement bon. Un bonheur tout simple montait en moi.
Un murmure d'eau qui coule m'intrigua et je m'écartai du chemin pour découvrir un petit ruisseau bordé de mousses et de lichens, de narcisses et de jonquilles... Quelques oiseaux sifflaient dans les branches, ajoutant de la gaieté à cet endroit si doux, si serein. On s'attendait presque à voir surgir une ondine ou un elfe.
Je décidai de m'asseoir là, au pied d'un saule pleureur et je fis silence dans tout mon être. S'ajoutant au murmure immuable de l'eau, je discernai alors le murmure fantasque de la brise dans les branches, et, beaucoup plus lointain, le murmure assourdi de la ville.
Murmure... J'aimais ce mot. Il m'évoquait tant de jolies choses ! Le murmure profond et mystérieux des forêts. Le léger murmure des eaux fraîches du lac. Le murmure clair de la fontaine. Et puis... les mots tendres que l'on murmure à l'oreille d'un enfant, de l'être aimé... et le doux murmure de l'âme quand la paix se fait en nous...
Et que me murmurait-elle donc, mon âme, alors que j'étais là, sereine et apaisée, dans ce lieu féerique ?
Elle me murmurait... “Vit dans l'instant, apprécie chaque moment sans te préoccuper des choses passées ou à venir, fait confiance en la vie, en l'amour... c'est là le secret du bonheur”.
Françoise Verdenne - mars 2016
Image : Huile sur toile de Anton Dieffenbach (1831-1914) “Ruisseau en sous-bois”