Fugues

Pour fuir le quotidien quand il devient trop pesant...

30 juillet 2007

Bad-trip

"Bad-trip" nom masculin, signifiant "angoisse", vient de l'anglais qui veut dire "mauvais voyage".

"Bad-tripper" verbe intransitif. Angoisser , manifester une inquiétude exagérée et sans fondement.

Le mot anglais "trip" vient du vieux français "treper" ou "trip(p)er", qui signifiait : "frapper du pied", "sauter, danser". Il est passé en anglais au XVème siècle avec le sens supplémentaire de "faire quelques pas légers" (XVIème), puis il a dérivé vers le sens de "petit voyage" au XVIIème siècle.

En dialecte franc-comtois, "triper" est utilisé pour exprimer l'idée de marcher là où il ne faudrait pas. Par exemple quand j'étais petite, si je marchais dans la cuisine au moment où l'on passait la serpillère, on me disait : "arrête de triper dans la cuisine, tu mets des traces de pas partout !". On disait aussi "Les vaches ont tripé l'herbe" (quand elles étaient passées dans un champ qui devait être fauché et qu'elles avaient couché l'herbe), ou bien "Il ne faut pas aller triper le jardin quand la terre est mouillée".

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27 juillet 2007

Au bout du quai les ballots !

Un "ballot" est un mot d'origine francique désignant un paquet de marchandise. Le passage du sens propre au sens figuré de : lourdaud, imbécile, s'explique par la métaphore habituelle de l'objet inerte, transporté sans précaution, à la personne sans réactions.

"Au bout du quai les ballots", expression qui signifie "que les imbéciles s'en aillent, s'éloignent" utilise un jeu de mots ferroviaire opposant les voyageurs aux marchandises rangées au bout du quai.

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19 juillet 2007

Abracadabra !

Mot auquel on attribuait anciennement des vertus magiques, et qui, disait-on, guérissait la fièvre, lorsqu'on le portait autour du cou, écrit dans une certaine forme. Au XVIème siècle, c'est une formule magique passant pour guérir les maladies, attestée au début du IIIème siècle.  Selon une hypothèse récente abrakadabra est un mot magique d'origine hébraïque attesté dans la tradition latine  et grecque et qui signifie littéralement : "Que le quatre anéantisse le quatre", c'est à dire : "Dieu (quatre étant un cryptogramme représentant le Tout-Puissant) maîtrise (en cassant, anéantissant) les quatre éléments". La symbolique des nombres de cette formule, disposée en triangle, et son explication révèle sa vertu de protection contre les maladies.

"Abracadabrantesque" est un néologisme né récemment dans le milieu politique, qui signifie "invraisemblable".

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15 juillet 2007

Accro

"Accro" adjectif et nom populaire et familier. 1. Dépendant d’une drogue. - 2. Qui est passionné pour quelque chose ou quelqu’un : « Un accro du micro qui fera mal à ta tête, prend un aspro et laisse faire les pros, made in Marseille » Shurik’N/Les bad boys de Marseille (Akhenaton - Métèque et Mat - 1995).

"Accro" est le diminutif du verbe "accrocher", dérivant de "croc", de l'ancien nordique "krókr", passé en français à une époque relativement tardive, ce qui explique le maintien du -c, cf. lat. médiév. "croccus" qui signifie crochet, xie s.

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06 juillet 2007

Autant pour moi !

Cette expression qui veut dire : "je me suis trompé" provient d'une confusion avec "au temps !", ordre militaire qui signifie : "recommencez !", explicite dans l'expression "au temps pour les crosses !" (employée lorsque le mouvement des armes n'était pas synchrone et le bruit des crosses irrégulier).

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27 juin 2007

Balle et peau de balle

"balle" était un mot d'origine gauloise désignant l'enveloppe des grains de céréale. On trouve en ancien français "ne valoir balle", c'est à dire n'avoir aucune valeur. Cette expression qui oppose l'enveloppe du grain à son contenu utilise la répartition symbolique : extérieur (sans valeur) et intérieur (de grande valeur), par exemple la gangue et le diamant, l'os et la substantifique moelle, etc... Mais la rareté du mot dans son sens d'enveloppe a transféré cette valeur péjorative à des expressions comme "peau de balle" (c'est à dire : rien).

Dès le Moyen-Age, le mot "pel" désignait la peau du sexe masculin ("pel" en ancien provençal, et le dérivé "pelette", désignaient le prépuce). L'expression "peau de mes balles" étant sans doute trop clair, elle ne s'est pas répandue. "Peau de noeud" est restée argotique. "Peau de zébi" (chez les zouaves vers 1670) a eu plus de succès, même si le mot "zébi", d'origine arabe, n'a pas toujours été compris en France.

Il existe aussi un renforcement de l'expression : "peau de balle et balai de crin", qui s'est produit mécaniquement par le procédé des charades à tiroirs, où la dernière syllabe de la première partie de la phrase est reprise dans la deuxième partie (balle - balai). En outre, le balai de crin, instrument modeste, symbolisait la pénurie.

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19 juin 2007

Platonique

Un amour platonique est un amour idéal, sans résultats pratiques.

Platon, le grand philosophe grec (427-347 av. J.-C.) a écrit le Banquet, dans lequel le poète Agathon, qui vient d'obtenir un prix de tragédie, disserte sur l'amour. A son tour, Socrate traite du sujet, s'élevant peu à peu à l'amour idéal, qui est une des formes du Beau.

Dès le XIVème siècle on faisait allusion à cette doctrine "platonicienne", mais elle fut popularisée en Occident, surtout aux XVe et XVIe siècles, entrant au dictionnaire dans le courant du XVIIIe. .

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16 juin 2007

ça fait un bail !

Expression qui signifie : "ça fait très longtemps". Le contrat de louage ou de fermage est généralement long (six ans, neuf ans, sans parler des baux "emphytéotiques" de dix-huit à quatre-vingt-dix-neuf ans !).

Synonyme : "ça fait une paye", la paye, espace de temps entre deux réglements consécutifs de salaire, paraît interminable...

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13 juin 2007

Pipelet

Dans "Les Mystères de Paris" d'Eugène Sue, Monsieur Pipelet est un concierge parisien. Ce patronyme passa dans le langage courant pour désigner un gardien d'immeuble. Au féminin, la pipelette est une bavarde impénitente.

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29 avril 2007

Olibrius

La légende de sainte Marguerite se raconte en deux tableaux principaux ; née à Antioche, vierge, martyre, elle mourut en l'an 275 en Pisidie. Après avoir enduré toutes sortes de tourments, le démon, prenant l'aspect d'un dragon, réussit à pénétrer dans sa prison pour la supprimer ; mais sainte Marguerite fit le signe de croix, ce qui permit de mettre en fuite le démon.

Venons-en au martyre et à ses circonstances. Marguerite dont le père païen avait fini, par ses persécutions, par faire mourir sa femme, se réfugia chez sa nourrice puis se convertit au christianisme. Gardant les brebis au champ, Olibrius, préfet d'Orient, personnage énigmatique, vint à passer et remarqua la jeune fille. Il voulut bientôt l'épouser et la forcer d'abjurer sa religion. Marguerite refusa, ayant fait voeu de chasteté. Elle dut bientôt résister aux menaces, puis aux supplices dont Olibrius la menaça. Finalement, il la fit décapiter. Ce martyre fut fort célèbre au XIIème siècle, et nombreux furent les mystères représentant les funestes épisodes vécus par sainte Marguerite, infligés par ce bravache d'Olibrius.

Il fallut attendre Bonaventure des Périers, auteur de contes philosophiques qui, en 1537, remit le mot d'olibrius dans le vocabulaire en lui donnant le sens d'original, d'excentrique, importun et bizarre.

Gilles Henry "Le Dictionnaire des mots qui ont une histoire"

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