14 septembre 2007
Chevage
Au Moyen-Age, on appelait "chevage" une redevance particulière payée par les serfs au seigneur. D'un montant peu élevé, le chevage était considéré comme la preuve principale du "servage", et donc tenu pour très humiliant.
Serf : paysan appartenant à un seigneur dont il cultivait la terre. A la différence de l'esclave, le serf pouvait posséder des biens (mais ses enfants n'en héritaient pas, les biens revenaient au seigneur). Son maître lui devait protection, mais il ne pouvait pas quitter sa terre, ni devenir prêtre, ni se marier sans l'accord du seigneur, ni témoigner contre un homme libre. Il était soumis à des taxes ou contraintes particulières (tailles, corvées, mainmorte, formariage, chevage...), ce qui donna lieu à l'expression "taillable et corvéable à merci". Ses enfants étaient eux aussi des serfs, le servage étant héréditaire. Le servage fut définitivement aboli à la Révolution, en 1789.
27 juillet 2007
Le chadouf
Le chadouf est un appareil à bascule qui était utilisé en ancienne Egypte pour tirer l'eau des puits, des canaux ou du fleuve. Il servait à irriguer les plaines du Nil.
19 juillet 2007
Le Censeur
Dans la Rome antique, deux Censeurs étaient élus tous les cinq ans par les comices (assemblée du peuple) et par les anciens consuls, mais ils n'exerçaient leurs fonction que pendant 18 mois. Ils étaient chargés de dresser le "Cens", c'est à dire le recensement des citoyens et leur classification d'après leur fortune, afin de déterminer, pour chaque citoyen, sa part des charges militaires et sa contribution fiscale. Ils établissaient également la liste des membres du Sénat et ils surveillaient les moeurs des citoyens. Ils étaient également chargés de la construction et de l'entretien des monuments publics. Cette fonction disparut peu à peu à la fin de l'époque républicaine.
En France, au Moyen-Age et jusque sous l'Ancien Régime, on appela "Cens" une redevance fixe payée par le paysan au seigneur, en argent ou en nature, en échange de la concession d'une terre.
13 juillet 2007
Les Castes
En Inde, la division de la société en castes a été, jusqu'à l'époque moderne, le fondement de l'organisation sociale et religieuse. Ce système "d'origine divine" a probablement été introduit par les Aryens qui, en minorité, ont voulu conserver leur pureté religieuse et raciale au milieu des populations conquises. La société hindoue était répartie en quatre castes principales ou "varna" (qui signifie "couleur"). On distinguait les brahmanes (prêtres), les Kshatriya (la noblesse guerrière), les Vaiçya (paysans, commerçants, éleveurs de bétail) et les Sudra (les serviteurs, non aryens). Peu à peu ces catégories se sont elles-mêmes divisées en une multitude de castes (2000 à 3000), se distinguant par un degré plus ou moins élevé de pureté. On appartenait à une caste par sa naissance (et non par sa richesse ou sa fonction), elle-même conditionnée par les mérites acquis dans les vies antérieures. Chaque caste était absolument fermée. Le mariage entre membres de castes différentes était interdit. On ne pouvait partager son repas ou manger des aliments préparés par une personne de caste inférieure. On choisissait son métier en fonction du degré de pureté de sa caste. Seul l'accomplissement du "Dharma" ("devoir") pouvait permettre d'améliorer son sort dans une prochaine vie. Le Bouddhisme et l'Islam ont combattu en Inde le système des castes. Celui-ci fut officiellement aboli en 1949, mais il persiste encore aujourd'hui dans la pratique, surtout dans l'Inde rurale.
27 juin 2007
La révolte des canuts
C'est ainsi qu'on appelait les ouvriers de la soie, à Lyon. En 1831, les canuts se révoltèrent contre la baisse constante des salaires due à la concurrence étrangère, notamment anglaise. Afin de trouver une solution, un tarif minimum des salaires fut négocié entre patrons et ouvriers, mais certains fabricants de la soie refusèrent d'appliquer cette décision, ce qui provoqua une insurrection, premier mouvement ouvrier de masse de France. Les canuts soulevèrent tous les quartiers ouvriers de Lyon, obligeant les troupes de la ville à se retirer dans la nuit du 22 au 23 novembre. Le gouvernement de Casimir Perrier déclara les canuts rebelles et confia à Soult et au duc d'Orléans le rétablissement de l'ordre. Le mouvement fut écrasé en décembre 1831.
Une chanson célèbre cette lutte :
Pour chanter Veni Creator
Il faut avoir chasuble d'or
Pour chanter Veni Creator
Il faut avoir chasuble d'or
Nous en tissons pour vous, Grands de l'Eglise,
Et nous, pauvres canuts, n'avons pas de chemises !
Refrain
C'est nous les canuts,
Nous allons tout nus !
Pour gouverner, il faut avoir
Manteau et rubans en sautoir
Pour gouverner , il faut avoir
Manteau et rubans en sautoir
Nous en tissons pour vous, Grands de la Terre,
Et nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre !
Refrain
C'est nous les canuts,
Nous allons tout nus !
Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Nous tisserons le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde !
Refrain
C'est nous les canuts,
Nous n'irons plus nus !
19 juin 2007
Le camp romain
Chaque soir, les armées romaines en campagne construisaient un camp militaire destiné à les mettre à l'abri de toute attaque surprise. Il avait toujours le même plan et obéissait aux mêmes rites de fondation que ceux d'une ville romaine : entouré d'une palissade précédée d'un fossé pour les camps provisoires, d'une enceinte de pierre pour les camps permanents, il était traversé par deux voies : l'une orientée est-ouest (le Decumanus Maximus) qui était la voie prétorienne, l'autre (le Cardo Maximus) orienté nord-sud, qui était la voie principale. A leur point de rencontre s'étendait une petite place où s'élevaient le prétoire (la tente du général), l'autel pour les sacrifices, le tribunal et le quaestorium (service d'intendance).
Ma ville est construite exactement sur le même plan : une rivière qui l'encercle comme un fossé bordé de ramparts, deux rues principales orientées est-ouest/nord-sud qui se croisent, et au croisement des deux une place sur laquelle il y a une église, l'hôtel de ville et le tribunal... Il y a effectivement des vestiges romains (arc de triomphe, théâtre, villas, champ de Mars...) dans d'autres secteurs de la ville.
16 juin 2007
Calas
Ce négociant calviniste de Toulouse fut accusé à tort d'avoir tué son fils désireux de se convertir au catholicisme. Il fut condamné au supplice de la roue et exécuté en 1762. Il devint le symbole de l'intolérance religieuse et Voltaire s'employa à le réabiliter en publiant son Traité sur la tolérance (1763).
13 juin 2007
Le Cabinet Noir
En France, sous l'Ancien Régime, le Cabinet Noir était un service chargé, pour des questions de sécurité, d'examiner les correspondances privées. Cette censure fut particulièrement exploitée sous les règnes de Louix XIV et Louis XV, puis Louis XVI l'interdit par un arrêt en 1775.
L'ouverture des correspondances privées se poursuivit néanmoins sous la Révolution et l'Empire, puis appartut régulièrement lors des époques troublées.
02 mai 2007
Brunehaut
Née en 534 à Renèvre, fille du roi des Wisigoths, elle épousa Sigebert 1er, roi des Francs d'Austrasie, tandis que sa soeur épousait Chilpéric 1er, roi des Francs de Neustrie.
Femme intelligente et autoritaire, de culture romaine, elle s'opposa violemment à Frédégonde qui poussa son amant Chilpéric à assassiner sa femme pour devenir reine de Neustrie. Après la mort du roi Sigebert (également assassiné par le roi Chilpéric et Frédégonde), Brunehaut devint reine d'Austrasie et engagea contre Frédégonde et la Neustrie une lutte sans merci.
A la mort de Frédégonde en 597, elle chercha à affirmer son autorité sur l'ensemble du monde franc, mais se heurta à l'aristocratie qui se rallia au fils de Frédégonde, Clotaire II, devenu roi de Neustrie à la mort de son père. Clotaire s'empara de Brunehaut, alors âgée d'environ 79 ans, et la fit périr en la faisant attacher à la queue d'un cheval fougueux (613).
29 avril 2007
Les Bleus et les Verts
Deux équipes de foot ? Non, pas tout à fait... :-))
Dans la Constantinople de l'Empire bizantin, il y avait deux principales factions qui partageaient le peuple à l'hippodrome (lieu où pouvait s'exprimer l'opinion publique). Ces deux factions s'appelaient : les Bleus et les Verts, d'après la couleur des casaques des cochers. Elles constituaient des partis correspondant à des quartiers et à des groupes sociaux.
Les Bleus représentaient le parti de l'aristocratie favorable à la religion orthodoxe. Les Verts représentaient le parti populaire, et étaient davantage portés vers les religions non orthodoxes ("hérésies").
L'épisode le plus grave de leur rivalité fut la révolte Nika (532) dirigée contre l'empereur Justinien 1er. L'importance de ces factions déclina après de VIIème siècle.
