Tout changement est douloureux. Tout apprentissage comporte des souffrances. Toute croissance, toute évolution est jonchée d'épreuves.

Chaque fois que nous nous détournons d'une habitude, même si celle-ci nous faisait souffrir, nous avons le sentiment de perdre quelque chose. L'exemple de certains couples qui se séparent est frappant ; peut-être avez-vous fait personnellement cette douloureuse expérience ? La seule raison que donnent bien des gens de poursuivre une relation de couple décevante, c'est qu'ils y ont leurs petites habitudes, confortablement pénibles. L'inconnu, du seul fait qu'il ne nous est pas familier, nous effraie davantage que le connu, fût-il empli de souffrances. Aussi étrange que cela puisse paraître, des décisions bizarres sont fréquemment prises dans ce sens. Notre modèle occidental nous a appris à éviter les risques affectifs, à nous fixer des buts et à les atteindre, faute de quoi nous sommes des ratés. Nous choisissons donc de rester dans des souffrances épouvantables plutôt que de reconnaître notre échec, plutôt que d'admettre notre incapacité à atteindre le but fixé : par exemple, sauver une relation qui bat de l'aile.

La vérité sur la souffrance, c'est que nous y sommes confrontés quoi que nous fassions. Par conséquent, il est vain de se servir de la souffrance comme prétexte pour ne pas essayer des solutions nouvelles ; en effet, on n'évite pas la souffrance en refusant de changer. On change en permanence. La vie est dynamisme, tout le monde évolue. Tout développement exige le changement, et tout changement est, au début, douloureux.

Quel est le secret pour affronter les douleurs à venir ? Il faut savoir qu'elles se présenteront et ne pas en avoir peur. Si nous ne souffrons pas dans l'instant présent, pourquoi nous ronger à propos de quelque chose d'inévitable, dont nous n'avons pas la maîtrise ? Réjouissons-nous si nous traversons une période sans souffrance et faisons-nous confiance pour l'avenir : nous saurons faire face à la douleur quand elle se présentera. La peur de la souffrance empêche bien des gens de vivre leur vie dans toute sa plénitude. Si vous vous comptez au nombre de ces froussards, remémorez-vous la définition du courage : le courage consiste à avoir peur tout en continuant à agir. Si vous faites quelque chose sans avoir peur, vous ne faites preuve d'aucun courage. Il faut avoir du cran pour continuer à vivre quand on a peur des douleurs de l'existence, bien plus qu'il n'en faut pour vivre sans peur. Commencez par être courageux, vivez votre vie en dépit de votre peur de la souffrance. En peu de temps, ce nouveau comportement deviendra pour vous une seconde nature ; vous n'aurez plus peur des souffrances qui vous attendent. Et quand l'heure sonnera de souffrir - et elle sonnera tôt ou tard - vous serez à même d'y faire face et de ne pas vous y attacher

Susanna Mc Mahon