7832 martinet


Prisonnier des branches collantes d'une Viorne, ce petit martinet se débattait désespérément. Je l'ai dégagé avec beaucoup de douceur, il était couvert de pucerons que j'ai enlevé un à un. Puis je l'ai emmené chez moi, j'ai trempé mon petit doigt dans de l'eau et lui ai mis une goutte sur le bec, il a bu, j'ai recommencé deux ou trois fois.

Ranimé, il a commencé à s'activer, a fait sa toilette, puis il s'est installé confortablement dans ma main et a commencé à dormir, alors je l'ai posé dans une petite boite sur le balcon.

 

7834 martinet

 

En fin d'après-midi, il a tenté de s'envoler sans y parvenir. Alors je lui ai présenté mes doigts, il a grimpé sur mon index, et j'ai levé ma main haut, très haut, au-dessus du balcon, à l'air libre.

Après quelques hésitations, il s'est lancé... Je l'ai vu descendre à pic, et j'ai eu peur, j'ai cru qu'il allait tomber, mais arrivé presque au ras du sol, il a redressé son vol, et s'est mis à monter, monter, monter dans le ciel, puis il a disparu de ma vue.

Depuis, tous les matins, je regarde les martinets tournoyer là-haut en sifflant, et j'écoute leurs trilles en me disant que peut-être, il est là, parmi eux, libre...

Françoise Verdenne - Besançon, 2004