Le nombre cent individualise la partie d'un tout, qui n'est lui-même que la partie d'un plus grand ensemble. Par exemple la poésie galante persane dira d'une femme, qui est à la fois belle et douée de toutes les qualités, qu'elle a "cent cheveux". Le Chinois dira d'une doctrine qu'elle a "cent fleurs", beaucoup plus pour signifier qu'elle a toutes les qualités que pour lui attribuer cent apparences diverses. Un grand chef demandera "cent hommes" pour réunir une force douée de toutes les capacités qui lui permettront d'atteindre son objectif.

Cent est une partie qui forme un tout dans le tout, un microcosme dans le macrocosme, qui distingue et individualise une personne, un groupe, une réalité quelconque dans un ensemble. Et cette entité ainsi individualisée possédera ses propriétés distinctives, qui la rendront d'une efficacité particulière dans un plus vaste ensemble.

Les multiples de cent ajoutent à ce principe d'individuation les caractéristiques du multiplicateur. Par exemple, chez les Incas, lors de la fête de la Lune (Coya Raïmi, 22 septembre au 22 octobre), 400 guerriers sont disposés sur la place carrée du Temple de Coricancha, à raison de 100 par côté. Chaque groupe de 100 part dans la direction marquée par son côté - c'est à dire vers les quatre points cardinaux - pour chasser les maladies. Quatre symbolise la Terre, Cent symbolise chacun des groupes individualisés, qui doit parcourir l'un des quatre secteurs définis.